L’édito de Valérie-Noëlle KODJO DIOP

L’édito de Valérie-Noëlle KODJO DIOP

Directrice Innovation & RSE
Afrique, Bassin Méditerranéen et Outre-Mer
Société Générale 



Nos villes africaines se doivent aujourd’hui de se tourner vers un modèle de développement plus soutenable afin de pallier les inégalités sociales, les effets du changement climatique et une planification urbaine quelque peu anarchique et peu inclusive.

Urgence donc à penser la ville plus « durable », un terme aujourd’hui incontournable au risque d’être souvent galvaudé, ou toujours cantonné à son acceptation « green ». En effet, au-delà de l’axe environnemental de « la ville durable », cet enjeu repose sur des piliers plus riches contribuant notamment aux objectifs du développement durable ( 17 ODD ), parmi lesquels nous pouvons citer : le traitement des déchets, l’accès à une énergie propre à un coût abordable, l’accès à l’eau potable, l’administration intelligente, la production et la consommation responsable, l’accès à l’éducation, à la formation, à la santé et le bien-être pour tous… Tous ces piliers sont autant d’axes de progrès concourant à construire la ville durable au sens le plus large. Et parce que l’on prévoit que deux personnes sur trois habiteront dans des villes d’ici 2050 ( rapport ONU ), il est aussi grand temps de rééquilibrer et de renforcer les liens entre les zones urbaines et rurales, en prévenant les grands mouvements d’exode rural et en favorisant ainsi le maintien et développement de tout un écosystème, principalement autour de l’agriculture, dans les zones rurales autour de ces nouvelles villes.

Villes durables, nouveau paradigme : quel rôle peut y jouer la banque?

Au cœur de la cité et au centre de la vie des individus qui la constituent, la banque se doit d’anticiper et d’accompagner les transformations positives du monde. Elle est aujourd’hui fortement chahutée dans son modèle, sujette d’une part à une réglementation exigeante qui rend la conduite de son activité onéreuse et qui la pousse à trouver des réseaux de distribution alternatifs moins coûteux et d’autre part, soumise à la concurrence accrue de nouveaux acteurs qui se sont emparés de son « terrain de jeu ». Sans oublier les exigences croissantes des clients, en quête de sens, et acquis à une nouvelle culture de services immédiats.

Dans un monde connecté, la banque se consomme différemment et doit donc se penser différemment : la banque de demain accompagne le quotidien, à la portée de tous, en poche, à bout de clic, au moment opportun.

La banque s’appuie enfin et surtout sur sa volonté propre de redonner du sens à son action, étant en cela en phase avec les aspirations des usagers et citoyens, la jeunesse en priorité, plus que jamais sensibles aux questions d’environnement et d’éthique.

Bank as a platform

Au cœur des villes durables, portée par l’impératif de la réinvention, la banque doit trouver sa raison d’être et la traduire dans ses activités, en enrichissant son offre pour son compte propre et pour le compte d’autres acteurs qu’elle peut agréger au travers de plates-formes de services.

Enrichir ses métiers classiques de financement ? Le mouvement est déjà bien lancé : des services innovants de paiement mobile sont opérationnels et des réflexions vers l’intégration de solutions Fintech sont en cours. D’autres solutions pourront être intégrées demain, comme l’accès aux micro-crédits, le crowdfunding,…toujours au travers de plates-formes.

Et si on allait plus loin ? Si l’on se rappelait que pour se réinventer, le plus bel actif de la banque, c’est la confiance ? En prenant pleinement la mesure de ce que peut apporter un « tiers de confiance », la banque peut repousser les limites de ce que l’on imagine être ses seuls métiers et mettre à disposition, au bénéfice de nouveaux projets, ses réseaux de distribution traditionnels d’agences locales qui maillent les villes, ou ses réseaux alternatifs (dont le téléphone mobile). Demain, la banque peut devenir un lieu de stockage, un lieu de partage, un lieu d’apprentissage, un lieu de convergence tel un arbre à palabres 4.0, et proposer les offres de nouveaux acteurs qu’elle aura agrégés à sa plate-forme de services. Demain, la banque peut devenir un acteur incontournable de la mobilité durable, des énergies renouvelables ou de la gestion de l’eau ou des déchets, de l’accès à l’éducation    et la santé, parce qu’elle est en capacité d’être ce tiers de confiance indispensable à tous ces projets au cœur de notre vie quotidienne.

Entrepreneurs.e.s, nous avons ensemble 10 ans pour rêver la banque de demain, la banque au cœur de la ville durable !

Et vos idées commencent ici !